ETUDE DE LA GENESE DE LA 2CV (TPV)
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La
TPV n° 34
Le 7 décembre 1938, Boulanger reçoit le compte-rendu des cinquante points d’essais du prototype n° 34 (baptisée « la chouchoute »). Le document n’a pas été perdu, je le présente ici en entier car il est riche en information et donne une bonne idée du soin apporté à chaque détails.
Opérations
d’entretien :
Mal
Vidange eau du
radiateur et bloc impraticable (même opération que pour la n° 22)
Note : Sur
une T.P.V. modèle Levallois (usine de
fabrication de Levallois : la 5 CV, les autochenilles et les poids lourds y
étaient fabriqués, et un atelier TPV y est installé) cette manœuvre
est beaucoup plus pratique : robinet unique avec commande très accessible.
Cette commande est toutefois un peu trop près de l’échappement : on
risque de se brûler.
Le bouchon
vidange huile de moteur est inaccessible pour un usager ne possédant ni fosse
ni pont.
L’orifice de
remplissage d’huile de la B.V. est très peu accessible (il faut enlever
l’aile gauche qui est tenue par 5 boulons).
L’orifice de vérification
du niveau d’huile de la B.V. est absolument inaccessible. Pour pouvoir s’en
servir, il faut :
1° - démonter
l’aile droite (5 boulons),
2° - démonter
la batterie.
Note : Pour
refaire le niveau de la B.V., il faut donc démonter les 2 ailes (10 boulons) et
la batterie.
Le bouchon de
vidange de la B.V. est inaccessible pour un usager ne possédant ni fosse ni
pont (même défaut que sur la n° 22).
Le changement
d’une bougie nécessite soit l’emploi d’une petite clef à tube (très
courte), soit le démontage de l’aile du côté de la bougie (l’espace libre
entre l’aile et la bougie est beaucoup trop petit).
La
standardisation des graisseurs n’est pas réalisée.
Il est impossible
d’accéder à la cuve du carburateur de droite sans démonter toute la
tringlerie de commande des deux carburateurs.
L’accès aux
gicleurs des deux carburateurs est très peu pratique (manque de place pour les
manches des clefs).
Il n’y a aucune
prise pour loger le cric à l’AR comme à l’AV.
La tôle sous le
moteur est pleine d’huile (la voiture n’ayant que 4600 km).
Le graissage de
la direction est difficile d’accès (il est vrai que cette opération n’est
pas fréquente).
Conduite
de la voiture :
Mal
Rien ne permet de
se rendre compte de la quantité d’essence dont on dispose. Il est difficile
de faire pénétrer une jauge (orifice de remplissage trop en biais), c’est gênant :
1° - pour savoir
si la voiture peut rouler,
2° - pour savoir
combien d’essence on doit prendre à la pompe (90% des pompes du commerce débitent
par quantités de 5 litres).
L’orifice de
remplissage d’essence constitué par une durite non maintenue doit se déformer
sous la traction des tuyaux des pompes et le bec de ce tuyau risque de tomber.
Le bouchon de
remplissage du réservoir à essence est plus difficile à manier que dans les
P.V. (Petite Voiture, nom de code de la
« Traction ») car le tuyau de remplissage n’est pas
rigide.
Visibilité vers
l’AV un peu trop limitée en hauteur (il manque 3 à 4 cm) pour une personne
de taille moyenne assise à l’AV sur un coussin (voiture d’essai).
Pare-brise en
plexiglas – réservoir à poussière (qui se colle dessus) et rayures dues à
l’essuie-glace.
La voiture examinée
n’avait pas de rétroviseur.
Le volant est
trop bas par rapport au conducteur (assis sur un coussin).
Le genou d’une
personne un peu grande cogne sur le levier de vitesses (en prise).
La commande du
commodo est trop haute (il faut monter la main droite d’environ 15 cm de sa
position normale sur le volant pour l’atteindre).
On est très mal
assis sur le siège conducteur si on ne met pas de coussin.
La voiture se
couche désagréablement dans les virages.
Le frein à main
est très peu efficace.
Le pied AV gauche
est gênant pour les virages vers la gauche.
Sur les portions
de route gravillonneuses : bruit de mitrailleuse par en dessous.
Carrosserie :
Mal
Il n’y a rien
dans cette voiture pour poser les cartes. Il devrait y avoir à l’AV du moins,
une planchette avec rebord sous l’auvent pour cet usage.
Le pare-brise
quoique fixe n’est pas étanche.
L’accès du siège
conducteur est pénible pour un usager assez grand : le tube du volant et
la partie basse de ce volant empêchent de passer les jambes.
Les vêtements ne
glissent pas sur les toiles constituant les sièges (difficulté pour se mettre
en place et surtout pour sortir à l’AR).
La voiture n’a
aucune poignée extérieure. La porte AV côté conducteur devrait en avoir une,
pour les autres portes c’est inutile.
Les poignées intérieures
des portes ne sont pas assez résistantes, il y en a déjà deux de cassées en
4600 km.
Etanchéité des
portes aux courants d’air insuffisante (pour mémoire car solution
provisoire).
La toile formant
pavillon est difficile à accrocher à l’AV par une seule personne (un côté
saute quand on veut mettre l’autre en place).
En sortant de la
voiture à l’AR on salit ses vêtements sur les ailes (couvertes de boue).
Il manque une
prise pour s’accrocher et sortir des sièges AR (le tube supérieur du dossier
AV bouge trop et ne permet pas de développer l’effort nécessaire).
Une personne
assez grande se cogne la tête sur la traverse supérieure AR de la voiture
(celle où est accrochée le dossier AR) en se mettant en place sur le siège.
Le dispositif
d’aération ferme mal (sifflement).
Les compas de
l’aérateur ne sont pas assez rigides (ils sont complètement tordus) ;
de plus ils sont dangereux (en cas d’arrêt brusque).
Il n’y a rien
pour manœuvrer les glaces AV à l’intérieur de la voiture.
Le chauffage est
très peu efficace (température extérieure +4°) de plus il devrait déboucher
sur les pieds du conducteur et non au centre de la voiture.
La lanterne AR ne
permet pas un changement facile de l’ampoule (jonc toujours rouillé).
Le démontage
d’une aile pour accéder au moteur est long (5 écrous à dévisser).
Aucun dispositif
ne semble prévu pour maintenir les glaces AV en position d’ouverture
partielle.
Bien
Frein à main
bien placé.
Orifice de
remplissage d’essence protégé de la pluie.
Manivelle de mise
en route bien soutenue (embout rigide).
Pieds
confortablement placés à l’AV (plancher incliné).
La jambe gauche
peut s’étendre et le pied droit a la place de s’étendre sur l’accélérateur.
Commande
d’essuie-glace bien à portée de la main.
Bonne inclinaison
du volant.
Volant très
pratique (on peut le tenir en ligne droite sur le diamètre horizontal).
Le capot à
l’AV semble bien protéger le moteur (différence avec la n° 22). Il n’y a
ni gravillons ni eau dans les logements des bougies.
Filtre à essence
très accessible (au milieu en AV).
Jauge à huile du
moteur très accessible.
Orifice de
remplissage d’huile du moteur très accessible (bouchon pratique).
Accessibilité
aux dix graisseurs très bonne (même à l’AR).
Accessibilité
aux places AR et à la place passager AV très bonne (dimensions des portes).
Accès à la
malle très pratique (on ne détend pas toute la toile du toit).
Au siège AR deux
personnes sont bien (les passages de roue ne sont pas gênants).
Bonne visibilité
aux sièges AR.
L’armature
tubulaire des portes donne une prise pour les refermer même quand on se trouve
sur le siège AR et que les portes sont complètement rabattues.
Les poignées de
portes tiennent bien celles-ci en position fermée (gros progrès par rapport à
la n° 22). Elles ne s’ouvrent pas toutes seules.
Les passagers à
l’AR n’ont pratiquement pas plus de courant d’air que dans une P.V. (la
« Traction »)
Suspension
excellente.
La voiture ne se
lève presque plus sur coup de frein (gros progrès par rapport à la n° 22).
Les vitesses
passent à peu près sans bruit (progrès par rapport à la n° 22).
Sur piste le
compteur dépasse 70.
Pascal HONOEGER