ETUDE DE LA GENESE DE LA 2CV ( TPV)
Comme pour l'étude de la DS, celle-ci est entièrement réalisée par mon ami Pascal HONOEGER en Suisse, bien-sûr, preuve qu'il n'y a pas qu' en Hollande ou en France que l'on vénère le culte Citroën. Il a ici exécuté un travail de trés longue haleine, fastudieux et sans pareil. Je le remercie du fond du coeur pour cette réalisation qui a bien méritée d'être connue de tous.
1935
- 1939
TPV
sont les initiales de Toute Petite Voiture. Ce nom de code cache une histoire de
près de treize ans qui mène en 1948 à la naissance de la 2 CV. Plus
exactement à la deuxième naissance puisqu’en octobre 1939, elle aurait dû
être présenté au salon de Paris, sous les voûtes du Grand Palais. Cette
histoire est donc celle de ces deux voitures et un hommage aux personnes ayant
oeuvré à leur création.
La paternité de la 2 CV revient incontestablement à Pierre-Jules
Boulanger. Toutefois, André Citroën avait envisagé le lancement d’un petit
véhicule économique qui aurait pu être entraîné par un moteur deux
cylindres à plat (déjà) que lui proposait l’ingénieur Laisné. Finalement,
c’est le projet de la future « Traction » qu’il a jugé
prioritaire.
En décembre 1934, l’entreprise clermontoise Michelin prend le contrôle de Citroën. Pierre Michelin – qui en devient le président en juillet 1935 – et Pierre-Jules Boulanger (PJB comme l’appellent ses proches collaborateurs) sont chargés de réorganiser la société Citroën. Dans un premier temps, il est urgent d’équilibrer les comptes et de mettre au point la « Traction ». Celle-ci s’avérant viable, il est possible de lancer de nouveaux projets. Ce sera pour un utilitaire à traction avant (le fameux TUB, ancêtre du H), pour la VGD (Voiture à Grande Diffusion) qui donnera naissance 20 ans plus tard à la DS et surtout pour la TPV qui nous intéresse ici.
Pierre-Jules Boulanger
Pierre Jules Auguste Vital vient au monde le 10 mars 1885 à
Sin-le-Noble (Nord). Il fait des études aux Beaux-Arts, mais doit les
interrompre pour gagner sa vie. Pendant son service militaire (1906 – 1908,
bataillon d’aérostiers de Satory), il fait la connaissance de Marcel Michelin
– un neveu d’Edouard Michelin – avec qui il se lie d’amitié. En 1908,
il part aux Etats-Unis où il exerce différents petits métiers. Il se retrouve
dessinateur chez un architecte. A 26 ans, il fonde au Canada une société de
construction immobilière. La première guerre mondiale le ramène en France.
Incorporé dans l’aviation, il se spécialise dans la prise de vue
photographique. Après la guerre, il entre chez Michelin à Clermont-Ferrand, et
gagne rapidement la confiance de la direction. En 1934, André Citroën, à
court de liquidité, est tenu de céder ses usines, c’est Michelin qui reprend
l’affaire. Les nouveaux patrons sont Pierre Michelin (31 ans, 2ème
fils d’Edouard Michelin) et Pierre Boulanger. PJB prend en charge le bureau
d’études. C’est l’homme de la 2 CV, il en est le géniteur, et il
s’assure jusqu’au bout que les ingénieurs respectent sa vision des choses.
En 1937, suite au décès accidentel de Pierre Michelin, il est nommé cogérant
des Etablissements Michelin avec Robert Puiseux, il prend aussi la direction de
Citroën. PJB décède tragiquement en 1950 dans un accident de la circulation.
PJB est un travailleur recherchant en permanence l’efficacité, y
compris dans les loisirs. Tout au long de la mise au point de la 2 CV, il mène
une lutte permanente contre les solutions de facilités, contre la tradition et
contre le temps. Il est respecté et craint en même temps, n’est-il pas
surnommé le « tyran imaginatif » par certains ?
Naissance
d’un projet audacieux
C’est en faisant son marché près de Lempdes (Puy-de-Dôme) que Boulanger, coincé dans un embouteillage de carrioles, aurait eu l’idée de concevoir une voiture adaptée aux agriculteurs. Mais il y a certainement d’autres raisons. Il y a sans doute cette campagne dans la presse pour la création d’un véhicule rustique et populaire en 1931, tout comme le concours de la SIA (Société des ingénieurs de l’automobile) lancé fin 1934 pour créer une petite voiture (plus de 100 projets reçus). L’arrivée sur le marché italien de la Fiat Topolino (1936) et son succès confirme le bien fondé d’un tel véhicule. Elle est construite en France sous licence (Simca 5). Peugeot et Renault réagissent avec la 202 et la Juvaquatre (toutes deux des 6 CV). Citroën n’arrivera que tardivement en 1948 avec la 2 CV. Cela fera dire à certains que TPV signifie toujours pas vue.
Mais il ne faudrait pas oublier ce questionnaire – enquête nationale de l’automobile populaire – que Michelin a créé en 1922. D’un côté, on y trouvait une explication de l’intérêt économique de la voiture (il en existait alors qu’une pour 150 habitants), de l’autre cinq questions : prix, nombre de places, poids à transporter, type de marchandise et vitesse, en rappelant que la vitesse coûte cher. Cette méthode, si elle existait déjà aux Etats-Unis, était nouvelle en Europe : c’était la première étude de marché. Elle a touché plus de 10.000 personnes. Il ressort que cette voiture devait comporter quatre places, être capable de transporter 50 kg de charge et coûter moins de 5.000 fr.
Pierre-Jules Boulanger
Pierre Jules Auguste Vital vient au monde le 10 mars 1885 à
Sin-le-Noble (Nord). Il fait des études aux Beaux-Arts, mais doit les
interrompre pour gagner sa vie. Pendant son service militaire (1906 – 1908,
bataillon d’aérostiers de Satory), il fait la connaissance de Marcel Michelin
– un neveu d’Edouard Michelin – avec qui il se lie d’amitié. En 1908,
il part aux Etats-Unis où il exerce différents petits métiers. Il se retrouve
dessinateur chez un architecte. A 26 ans, il fonde au Canada une société de
construction immobilière. La première guerre mondiale le ramène en France.
Incorporé dans l’aviation, il se spécialise dans la prise de vue
photographique. Après la guerre, il entre chez Michelin à Clermont-Ferrand, et
gagne rapidement la confiance de la direction. En 1934, André Citroën, à
court de liquidité, est tenu de céder ses usines, c’est Michelin qui reprend
l’affaire. Les nouveaux patrons sont Pierre Michelin (31 ans, 2ème
fils d’Edouard Michelin) et Pierre Boulanger. PJB prend en charge le bureau
d’études. C’est l’homme de la 2 CV, il en est le géniteur, et il
s’assure jusqu’au bout que les ingénieurs respectent sa vision des choses.
En 1937, suite au décès accidentel de Pierre Michelin, il est nommé cogérant
des Etablissements Michelin avec Robert Puiseux, il prend aussi la direction de
Citroën. PJB décède tragiquement en 1950 dans un accident de la circulation.
PJB est un travailleur recherchant en permanence l’efficacité, y
compris dans les loisirs. Tout au long de la mise au point de la 2 CV, il mène
une lutte permanente contre les solutions de facilités, contre la tradition et
contre le temps. Il est respecté et craint en même temps, n’est-il pas
surnommé le « tyran imaginatif » par certains ?